• Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude, 

    Tout dort sous les grands bois accablés de soleil 

    Où le feuillage épais tamise un jour pareil 

    Au velours sombre et doux des mousses d'émeraude.

    La Sieste

     Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde

    Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil, 

    De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil 

    Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.

    La Sieste

     Vers la gaze de feu que trament les rayons, 

    Vole le frêle essaim des riches papillons 

    Qu'enivrent la lumière et le parfum des sèves ; 

    La Sieste

    Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil, 

    Et dans les mailles d'or de ce filet subtil, 

    Chasseur harmonieux, j'emprisonne mes rêves.

     

    José Maria De Heredia (les Trhophées, 1893)


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  • D'un gradin d'or, parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil,

    je vois la digitale s'ouvrir sur un tapis de filigranes d'argent, d'yeux et de chevelures.

    Des pièces d'or jaune semées sur l'agate, des piliers d'acajou supportant un dôme d'émeraudes, des bouquets de satin blanc

    et de fines verges de rubis entourent la rose d'eau.

    Tels qu'un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses.

    ARTHUR RIMBAUD


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  • Notre univers est une tonnelle de roses.

    Notre Univers

    Nos visiteurs sont des papillons. Nos musiciens sont les rossignols.

    Notre Univers

    Quand il n'y a plus ni roses ni feuilles, les étoiles sont mes roses et ta chevelure est ma forêt.

    Notre Univers

    Omar Khayyaam

    "les Quatrains, 1924. (traduit par Franz Toussaint)


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