• Près des étangs où la libellule voltige,

    Où, dans les soirs d'été, vient se baigner l'oiseau,

    On aperçoit l'Iris, qui tremble sur sa tige

    Et semble un papillon posé sur un roseau.

    L'Iris

    Du bleu foncé des mers elle reçut l'empreinte

    Prise à l'heure où la nuit noircit l'azur des cieux.

    Seule parmi les fleurs elle offre cette teinte,

    La plus chère à l'esprit et la plus douce aux yeux.

    L'Iris

    Sur la terre, du bleu la Nature est avare,

    Et les poètes sont réduits à le rêver ;

    Si le pinceau s'applique à le rendre moins rare,

    C'est que vers l'Idéal l'Art tend à s'élever.

    L'Iris

    Des Zéphirs printaniers docile messagère,

    Comme une voile au vent toujours prête à flotter,

    La forme de l'Iris, vaporeuse et légère,

    Est l'image de l'âme en train de nous quitter.

    L'Iris

    Aux rayons du soleil qui brille sur la plage,

    Sa transparence émet une lueur dans l'air,

    Semblable au feu follet qui court avant l'orage

    Et disparait soudain, absorbé dans l'éther.

     

    Charles Rouvin "La poésie des fleurs" 1890


    17 commentaires
  • Quand pourrais-je me reposer ?

    Dit le rosier,

    J’ai tant de roses, tant de roses…

    C’est en hiver qu’il se repose.

    Sait-il qu’il a porté

    Le poids léger du moi de mai ?

    Sait-il encore qu’une autre année

    En décembre il portait trois roses ?

    O vieux rosier, ce poids léger,

    Accepte-le comme un poète

    Qui, sous la blancheur de sa tête,

    Voit s’épanouir la beauté.

    (Je vous offre les premières roses de notre jardin)

    Pierre Menanteau (herbier pour un enfant poète, 1960)


    19 commentaires
  • Né au pays de la soie fine

    Dans un cocon venu de Chine,

    L’Orient est peint sur ses ailes.

    Le Papillon (poèsie d'Ethan)

     

    Jaune ou bleu, vert ou vermeil.

    Il vole, il va, il vit sa vie

    A petits battements ravis.

    Dans l’air doux, comme un éventail.

     Le Papillon (poèsie de l'école pour Ethan)

    On le voit, on ne le voit plus,

    l est ici, il est là,

    Ou bien c’est un nouveau venu

    Son jumeau qui passe là-bas.

     Le Papillon (poèsie de l'école pour Ethan)

    Ah ! Mettez au clou vos filets,

    Jetez épingles et bouchons,

    Laissez-le libre car il est

    La poésie, le papillon ! »

    Marc Alyn (né en 1937, à Reims) reçoit à vingt ans le Prix Max Jacob.

    Depuis, à côté de nombreux ouvrages en prose (critique, roman, théâtre) il a fait paraître plus d’une quinzaine de recueils de poèmes.

    En 1973, il a reçu le Prix Apollinaire pour « Infini au-delà » et en 1994, le Grand Prix de Poésie de l’Académie française et le Grand Prix de Poésie de la Société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son oeuvre.


    22 commentaires