Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes !
Les rosiers sont morts, et les diadèmes
Des derniers soleil
Tombent, en pliant leurs tiges séchées,
Dans l’herbe où les fleurs sont déjà couchées
Pour les longs sommeil
Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes !
Mais l’année a mis ses grâces suprêmes
Dans ces pâles fleurs.
Leur seule rosée est la fine pluie,
Parfois un rayon presque froid essuie
Leur visage en pleurs.
Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes !
Allons en cueillir, puisque tu les aimes
À l’égal des lis,
Des amaryllis de larmes trempées,
Et des sombres cœurs entourés d’épées
De tes chers iris.
Auguste Angellier
Le chemin des saisons 1903